Quand allons-nous anticiper et construire ?

20/02/2023

(Posté le 20/02/23)


Chère lectrice, cher lecteur,


Aujourd'hui je vous propose de faire un point sur, notamment, des faits qui se sont déroulés ce week-end, qui mettent en lumière le manque d'anticipation dans la politique, dans l'action publique de nos élus. Cependant, si la politique ce n'est pas d'anticiper des futurs problèmes, de construire des projets à moyen et long terme, mais seulement d'apporter une solution au jour le jour selon l'actualité, alors à quoi ça sert ?

Rappelons, déjà, que le gouvernement actuel dirigé par la première ministre, Elisabeth Borne, est le plus cher de la Cinquième République. Cette information a été dévoilée dans un rapport commandé par René Dosière, président de l'Observatoire de l'éthique publique et ex-député PS, le 25 octobre 2022. Un gouvernement, composé de 41 ministres et de 565 conseillers ministériels, pour mener une politique qui semble constamment surprise par les faits divers. Il faut réformer en prenant en compte le quotidien des français, notamment les différentes évolutions de la société (la technologie, la population sur notre territoire, les changements de prix, ...), mais vu les nouvelles que nous avons chaque jour, c'est clairement un échec.

Et cet échec est bien évidemment observé et jugé par les français, à juste titre : un sondage IFOP pour le Journal du Dimanche, publié ce dimanche 19 février 2023, révèle que la cote de popularité de notre président est de 32%. Et celle de notre première-ministre s'élève à 29%. Notre gouvernement n'arrive même pas à convaincre un français sur trois, et cette baisse se voit également parmi les gens qui ont voté pour Emmanuel Macron lors du premier tour des dernières élections présidentielles. La raison ? Principalement une proposition de réforme des retraites qui ne passe pas. Alors que la NUPES a déposé des centaines d'amendements pour faire de l'obstruction parlementaire, pour éviter tout débat, le gouvernement et les autres oppositions n'ont jamais trouvé la clé pour montrer une image digne de l'assemblée : la fracture entre les politiques et le peuple, les électeurs, s'accentue malheureusement. Cette réforme des retraites, bien relayée par les différents syndicats, a été mise en scène dans les médias, par nos ministres, par une communication très chaotique. Une injustice pour les carrières longues (notamment pour les personnes commençant à travailler avant 18 ans), des mensonges de notre gouvernement concernant les revalorisations des petites retraites, et une pénibilité (aussi bien physique que mentale) non prise en considération, qui apporte un flou total notamment sur l'emploi des séniors. Il faut une réforme des retraites parce que l'espérance de vie augmente, parce que d'ici quelques années il y aura un déficit d'actifs pour les financer ? Ce sont des arguments audibles, acceptables, mais il faut une réforme compréhensible, et surtout socialement juste.

Cette popularité vacillante de notre président est également le résultat de son implication dans le conflit entre la Russie et l'Ukraine. Cela va faire bientôt un an que le conflit a démarré, la Russie avait envahi l'Ukraine le 24 février 2022, et malheureusement aucune solution ne semble se dessiner. Notre président s'est mêlé de ce conflit rapidement, notamment en étant en contact avec Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky, mais malgré ses efforts et ses communications aucune paix ne se profile. Bon, il n'est assurément pas le seul responsable de cet échec, mais il en est un rouage actif : on peut espérer que nos dirigeants politiques, que nos représentants « intelligents et sages », essaient de trouver un moyen de réunir les présidents en guerre pour trouver une paix, un compromis acceptable par les deux parties, mais ça n'a jamais été le cas. On a constamment armé l'Ukraine, apporté notre soutien à un conflit qui laisse planer une menace nucléaire et mondiale : l'objectif d'aider les ukrainiens à se défendre et résister a été un choix louable et indiscutable, mais faire durer le conflit n'est assurément pas une option judicieuse pour la sécurité des populations. Emmanuel Macron a réalisé une interview auprès de trois médias (le Journal du Dimanche, le Figaro et France Inter), publiée samedi soir, dans laquelle il dit qu'il ne veut pas totalement défaire la Russie, malgré que sa défaite soit l'enjeu majeur. Quand on ajoute, à cette déclaration, celle de la vice-présidente Kamala Harris, ce samedi à la conférence de Munich sur la sécurité, que la Russie a perpétré des crimes contre l'humanité (ce qui est vrai), on met de l'huile sur les braises d'un conflit et on est loin de chercher à y mettre fin. On ne cherche, hélas, pas de paix, pas de solution à terme, et on se contente de maintenir des combats qui sont le choix voulu de certains dirigeants politiques de notre planète.

SÉCURITÉ ROUTIÈRE :

Je veux supprimer les retraits de points pour les excès de vitesse de moins de 5km/h et ainsi être compréhensif avec ceux qui travaillent.

À l'inverse, je veux retirer le permis de ceux qui conduisent sous drogue/alcool car ils sont des dangers en puissance.

(Gérald Darmanin, sur Twitter, dimanche 19 février 2023 à 9h42)

Bon, revenons en France, et notamment sur un sujet qui a beaucoup fait parler cette semaine : l'accident de la route dans lequel a été impliqué l'acteur et humoriste Pierre Palmade. Rappelons au passage que, suite à cet accident, une femme de vingt-sept ans a perdu son bébé (elle était enceinte de sept mois), un homme de quarante ans est entre la vie et la mort (opéré notamment six fois), et un enfant de six ans est défiguré et alimenté par une sonde (ces informations sont relayées par leur avocat, Maître Mourad Battikh). Cet accident, qui est probablement le résultat de la conduite de Pierre Palmade qui a été testé positif à la cocaïne, a été médiatisé, jugé par les gens sur les différents sociaux, et met en lumière les manquements aux lois concernant la conduite sous l'usage de stupéfiants, ainsi qu'une politique pas assez préventive et agressive contre la consommation de drogues. Pendant longtemps la cocaïne a été une drogue accessible à une « élite », une drogue chère qui se trouvait dans certains milieux sociaux, mais aujourd'hui elle s'est démocratisée et est bien plus accessible. Donc nous avons deux problèmes, dans notre pays, qui semble loin d'être résolu : la liberté des consommateurs de drogue, le manque de prévention auprès des jeunes (qui n'est clairement pas à la hauteur de celles vis-à-vis de l'alcool et du tabac), et les sanctions encourues quand on conduit sous l'emprise de drogues et d'alcool. Concernant ce dernier cas de figure, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a déclaré ce dimanche 19 février vouloir que toute personne conduisant sous l'influence de stupéfiants ou d'alcool se voie automatiquement retirer les 12 points de son permis de conduire. Une réforme pleine de bon sens, il faut protéger les personnes qui respectent les lois en étant plus ferme avec celles qui vont à l'encontre, mais cette décision n'aurait-elle pas pu être prise il y a des années ? Les victimes d'accidents de la route n'ont pas été découvertes en 2023 suite à cet accident. Il s'agit d'un exemple concret sur lequel nos politiques sont clairement à la faute, un défaut d'anticipation : on a cette réaction, aujourd'hui, car la popularité de Pierre Palmade a apporté un éclairage particulier sur cet accident. Mais rappelons que, chaque année, 700 personnes sont tuées sur les routes dans un accident impliquant un conducteur ayant consommé des drogues, soit 21% de la mortalité routière (d'après le site internet du gouvernement concernant la sécurité routière). Donc ça fait des années que des drames se produisent, que des personnes perdent la vie et que des familles sont brisées, mais il faut un évènement dans lequel est impliqué une célébrité pour que ça saute aux yeux et qu'on réfléchisse à une solution. Mieux vaut tard que jamais, certes, même si c'est très regrettable. Il faut que les conduites sous l'emprise d'alcool et de drogue soient sévèrement punies, pour protéger la population, et que des campagnes de prévention concernant la consommation de stupéfiants soit renforcée dans les bars et auprès de la jeune génération.

Ensuite, concernant les problèmes quotidiens auxquels nos dirigeants politiques n'apportent aucune solution à ce jour, il y a les différents types d'agressions quotidiennes (physique ou verbales). Les sanctions encourues par les personnes violentes ne semblent pas suffisamment élevées, vu qu'elles sont répétées et que des faits divers tombent chaque jour. Pour exemple, ce jeudi 16 février, l'Association des Maires de France (AMF) a dévoilé, au journal Le Parisien et à l'AFP, une évaluation des agressions de maires, adjoints et conseillers municipaux qui est en hausse de 15% en 2022 (mélangeant outrages, menaces et violences physiques), et donc qu'environ 1500 élus ont été victimes de par le fait de leurs fonctions. Il est inconcevable en France que nos élus soient agressés physiquement ou verbalement, et ça doit être sévèrement puni (comme ça a été le cas pour Cyril Hanouna, condamné à une amende record de 3,5 millions d'euros pour les insultes proférées à l'encontre du député Louis Boyard). Malheureusement certaines de ces agressions sont mises en avant sur divers réseaux sociaux, par leurs auteurs, dans la course au buzz ou la recherche à la popularité ; et cette médiatisation des personnes qui commettent des agressions, qui les montrent en justifiant leurs actes et cherchent une opinion favorable, tendent à normaliser ces agressions et donc à rendre notre société davantage sauvage. La loi du plus fort, la loi de la jungle : voilà ce qui nous attend si nous ne réagissons pas rapidement. Cependant ces agressions ne sont pas récentes, elles existent depuis des années, et aucune vraie solution semble apportée. Il y a bien une loi promulguée le 24 janvier 2023 permettant aux associations d'élus (mais aussi à l'Assemblée nationale, au Sénat, au Parlement européen et à la collectivité territoriale) de se constituer partie civile, mais elle est clairement insuffisante. Cette loi permet d'assigner en justice les personnes coupables d'agressions envers les élus, certes, mais tant que la réponse pénale, et donc les peines encourues, ne sera pas revue à la hausse, ça restera une réponse insuffisante. La société française est de plus en plus violente, mais tant que les peines ne seront pas dissuasives alors ce phénomène ne s'arrêtera pas, hélas.

Un autre exemple de la violence impunie qui grandit dans notre société, il y a également un fait divers qui s'est déroulé ce week-end : dans la nuit de vendredi à samedi, un chauffeur de taxi de 45 ans a été violenté par trois hommes à qui il avait demandé de libérer une place réservée aux taxis. La vidéo de l'agression, accessible sur internet, a été filmée à partir de la caméra embarquée d'un autre chauffeur de taxi. Cet incident s'est déroulé sur les Champs Élysées, qui est censée être une des plus belles avenues du monde. La violence se retrouve maintenant n'importe où, envers n'importe qui : des personnes osent s'en prendre physiquement aux gens qui réclament leur droit, qui rappellent la loi. Il est clairement invraisemblable que la « loi de la rue » puisse être tolérée, qu'on ferme les yeux sur un tel évènement (qui hélas se banalise, vu que ça arrive trop souvent), et donc qu'on accepte de vivre dans un climat de peur constante. Quelle solution pour aller à l'encontre de ce phénomène ? Il y a plusieurs options. Déjà, bien évidemment, durcir les peines encourues pour les personnes coupables. Les juges ont tendance à appliquer les peines minimales, et les remises de peines sont trop automatiques. Il n'y a pas assez de places en prisons ? Renvoyons les coupables étrangers dans leur pays, ne dépensons pas l'argent publique pour des personnes venues de l'étranger (souvent illégalement) qui ne respectent pas nos lois. Les peines planchers sont trop faibles ? Augmentons-les (le temps que la délinquance baisse). Pour que la prison soit crainte, et que la civilité soit respectée, il faut des peines qui dissuadent d'enfreindre les lois et d'agresser les autres. Au passage, et là c'est un souhait assumé, il faut révolutionner le système carcéral et le rendre plus logique : distinguer les types de prisons, pour avoir des prisons de réhabilitation (pour les primo-délinquants et les courtes peines) et des prisons d'enfermement (pour les récidivistes et les peines longues, qui seront basculés en prison de réhabilitation avant, par exemple, un an avant la fin de leur peine). Et surtout, n'ayons pas peur d'appliquer la perpétuité non négociable, non réductible, pour les pires crimes. Après, pour combattre la délinquance dans les rues, il faut accorder davantage de liberté d'action à nos forces de l'ordre. La présomption d'innocence doit prévaloir sur la présomption de culpabilité quand les policiers font usage de leur arme. Les procédures judiciaires doivent être simplifiées aux témoignages des policiers dans certains cas, que la parole des protecteurs de la nation soit davantage considérée comme acquise, et non remise en cause. Si nous ne réagissons pas rapidement, que nous laissons faire jusqu'à ce qu'un incident, médiatisé par une célébrité, choque l'opinion publique, ce sera clairement trop tard. Combien de victimes, combien de vies gâchées, combien de morts avant que nos élus réagissent et travaillent à ramener la paix sur le sol français ?

En parlant de mort, il semble qu'un pas de plus vers « l'aide active à mourir » soit réalisé. Après trois mois de travaux, la sixième session de la Convention citoyenne (composée de 184 citoyens) sur la fin de vie s'est achevée, ce dimanche 19 février, par un vote crucial en faveur d'une évolution de la loi vers l'aide à mourir, au Cese (Conseil économique, social et environnemental). Ainsi, à l'issue de ces trois mois de débat, un vote a été réalisé : 72% se sont prononcés en faveur du suicide assisté, et 66% en faveur de l'euthanasie. Au passage, rappelons que la loi Claeys-Léonetti du 2 février 2016, relative aux droits des patients en fin de vie, indique que toute personne a le droit d'avoir une fin de vie digne, et accompagnée du meilleur apaisement possible de la souffrance. Alors sur ce sujet, je vais apporter un point de vue personnel qui, je pense, est assez raisonnable. Déjà, concernant sur le sujet de l'euthanasie, je suis contre. Le Serment d'Hippocrate, sacré, indique que toutes les personnes travaillant dans le domaine médical agissent pour soigner les patients et leur bien : de ce fait, il est clairement absurde de demander aux médecins de mettre fin à une vie, quelle qu'elle soit. Cependant les médecins agissent uniquement avec l'accord, l'acceptation du patient, et sans cet aval ils n'ont pas le droit de forcer au soin (ils ne peuvent alors que conseiller, recommander). En partant de ce postulat, il semble que le suicide médicalement assisté soit une option envisageable. Les médecins mettent à disposition ce qu'il faut aux malades les plus graves de quoi mettre un terme à leurs vies, à leurs souffrances, sans pour autant l'appliquer. Soit le malade le fait lui-même (en toute connaissance de cause), soit un proche le réalise. Donner le droit à une personne condamnée, dans un état critique, de mettre fin à ses jours pour limiter les souffrances et les peines, aussi bien les siennes que celles de ses proches, semble un raisonnement humain nécessaire. Donc non à l'euthanasie, mais oui au suicide médical assisté (dans les cas les plus terribles).

Enfin, pour finir l'actualité de ces derniers jours, parlons d'un manga et d'un dessin animé qui a bercé principalement la jeune génération des années 80 : Albator ! Ce personnage est éternel, assurément, mais son créateur s'en est allé : Leiji Matsumoto, l'auteur d'Albator entre autres, est décédé il y a une semaine, le lundi 13 février, à l'âge de 85 ans (annoncé par la maison de production Toei ce lundi 20 février). Voici quelques dates importantes :

- 25 janvier 1938 : naissance de Leiji Matsumoto à Kurume (préfecture de Fukuoka),

- 1968 : création du manga Sexaroid (catégorie des seinen), 4 tomes qui permettent de faire évoluer son style graphique, et de se faire connaître du grand public japonais.

- 1977 : création du personnage « Capitaine Albator », œuvre de science-fiction qui va déboucher sur plusieurs mangas, séries animées et films.

- 2003 : travail avec le groupe Daft Punk sur le film d'animation « Interstella 5555 : The story of the Secret Star System », avec notamment une chanson du groupe mondialement connue (One More Time).

- 13 février 2023 : décès de Leiji Matsumoto.

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